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La race des gobelins : les rejetons d’Organisme

 

Les gobelins manipulent l’ambre sous toutes ses formes. Leur principal autre argument technique est leur capacité à muter en fonction des besoins et à se doter des outils nécessaires aux tâches qui leur sont dévolues ou qu’ils estiment devoir effectuer. Cela peut engager des armes à projectiles « endogènes », voir des technologies poussées comme les plasmas, laser, champs magnétiques, etc… Qui vont se manifester à même le corps sous formes d’appendices aux atours plus ou moins mécaniques. Le tout pour des utilisations individuelles ou collectives.

Pour comprendre cette facette de la « race cachée » il faut bien voir que les gobelins ne sont pas, justement, une « race » au sens commun du terme. En réalité, ils sont des éléments ou enfants d’Organisme, immense être multicellulaire colonisateur, qui a survécu à l’assèchement des océans martiens préhistoriques.

Organisme fonctionne par spécialisation. Il dispose de la capacité de créer des colonies aux formes les plus diverses, spécialisées dans tel ou tel travail ou procédé. Chaque élément est relié au « grand tout », c’est à dire l’ensemble des grandes « colonies cérébrales » à travers un vecteur qui est, pourrait-on dire, la « cire » produite par Organisme : l’ambre minéral.

Comme Organisme est une entité qui ne se nourrit que d’éléments minéraux, du fait même des bactéries qui lui ont donné naissance, son intelligence éparse s’est spécialisée partie par partie à la recherche de nouveaux potentiels d’évolution et de ressources minérales de toutes sortes. Ce qui compte à ses yeux n’est pas tant la nature élémentaire des roches que leur « composition » : en quelque sorte une alchimie des mélanges qui, aux yeux d’Organisme et de ses rejetons, est l’équivalent de notre « goût ». Il y a divers goûts au sein des colonies, et le tout tend continuellement vers la plus grande diversification possible des nutriments accessibles à Organisme lui-même.

Parmi ses colonies, il en existe exclusivement destinées à explorer et étendre les zones de « nourriture » d’organisme. Ce sont d’ailleurs les plus nombreuses et ce sont aussi celles qui se rapprochent le plus de l’individualité multicellulaire telle qu’on la connaît sur terre. Les gobelins vont naître de ces colonies.
L’évolution d’Organisme les a dotées d’outils performants, d’un système  reproducteur sous forme de « repousse » et de « bouturage », tel qu’un morceau de colonie implanté dans un environnement minéral reforme une colonie complète et peut ensuite former des « œufs », autre sorte de colonie proche, qui est entièrement vouée à reproduire la forme de colonie qui l’a mise au monde.

L’ensemble est comme nous l’avons dit maintenu en cohésion par organisme lui-même au travers de supercolonies cérébrales qui communiquent comme les cellules nerveuses d’un cerveau, par l’intermédiaire de l’ambre minéral.

Ce dernier est la « mémoire » d’Organisme, gigantesque bibliothèque de sa pensée, de ses ressources, de ses vivants et de ses morts. Il a cette particularité d’être formé des résidus cristallisé des colonies passées, un peu comme si, pour faire une comparaison, le corail fossilisait lui-même son squelette pour en faire une sorte d’outil de communication universel entre ses parties.

Cette communication est en-dehors de l’espace et du temps : c’est la propriété fondamentale de l’ambre minéral.

Pour revenir à notre sujet, les colonies spécialisées dans la recherche et l’exploration ont en général, à l’origine, une forme peu diversifiée de « grands lombrics » à écailles calcaires, ou encore de têtards au premier stade, couverts d’une peau graveleuse. Elles sont sans aucune partie biologique réellement discernable puisque la colonie bactérienne est ce qui est vivant, et ce qui coordonne l’ensemble des éléments minéraux mis en forme pour produire « l’outil » spécialisé qui agit à macro échelle. C’est ce que nous percevons, nous, comme  un individu.

C’est un peu comme si les gobelins étaient des escargots et que nous n’en percevions que la coquille, avec laquelle nous interagissons.

La vie d’Organisme bascule donc totalement avec la découverte d’une entité extramartienne et de ses multiples ramifications : la vie biologique terrestre. 

Or cette autre manifestation de la vie, quoi que n’étant pas unifiée, dispose d’un fer de lance « intellectualisant » qu’Organisme parvient à repérer rapidement : l’homme. À ses yeux, les humains sont l’équivalent de ses colonies synaptiques. Organisme est alors d’autant plus troublé que ce sont les colonies synaptiques de la vie terrestre qui forment ses bataillons « d’explorateurs ». Tout semble donc, sur Terre, fonctionner à l’envers de ce qui s’est produit sur Mars.

L’humanité va de ce fait devenir l’enjeu majeur d’Organisme, car elle représente un tel potentiel de développement et un tel degré d’incompréhension à ses yeux qu’il lui est impossible d’en détourner son attention. D’autant que la vie biologique terrestre envahie son territoire : c’est la colonisation du système solaire puis, bouleversement cataclysmique, la terraformation de Mars. Deux vies se retrouvent ainsi confrontées l’une à l’autre, mais seul Organisme a conscience de son exubérante et envahissante voisine. 

Par un extraordinaire coup du hasard, dirons-nous, l’autre vie, celle de la Terre, semble également être obsédée par l’ambre minéral, comme des fourmis obsédées par le miellat des pucerons. Et c’est ainsi que la lente mais inéluctable symbiose s’opère : la vie terrestre a besoin d’Organisme, Organisme a besoin de la vie terrestre. Par ailleurs, l’utilisation de l’ambre minéral par l’homme est, pour Organisme, un superbe coup de pouce du destin : tout ce que l’homme fait grâce à l’ambre ou à travers l’ambre s’inscrit directement dans la mémoire d’Organisme. De sorte que l’humanité et à travers elle la vie terrestre toute entière « nourrit » littéralement, gave même Organisme de ses multiples manifestations, de toutes ses formes de pensées, de tout son potentiel, de tout ce qu’elle recèle. Du point de vue d’Organisme, c’est comme si la Terre entière était venue se verser dans sa gueule pour le faire évoluer artificiellement, accélérant sans cesse sa montée en puissance. Par ailleurs Organisme découvre l’immatériel, les entités spirituels, le domaine de l’esprit qui a pris, sur Terre, une forme là encore très différente de la sienne.

Les gobelins sont donc ce qui naît à l’interaction de ces deux formes de vie. Organisme veut communiquer avec les hommes, avec le monde biologique, avec les esprits, avec Dieu même, si tant est que cela se peut.

Il va se mettre à singer les formes de vie terrestres. Et naturellement, la forme la plus nombreuse et la plus fouillée qui naît de son immensité est humanoïde : c’est le Gobelin. Le Gobelin singeant l’homme dispose d’une forme de semi individualité. Il est capable, quoique toujours inféodé à Organisme, de prendre dans une certaine mesure des décisions pour lui-même. C’est donc un Organisme à micro échelle. On imagine sans peine la difficulté de leur création : cela reviendrait pour nous à passer de la révolution industrielle à la nanotechnologie en gommant le vingtième siècle. Toujours est-il que le défi est à peu près relevé par l’entité suprême grâce aux immenses savoirs livrés inconsciemment par l’humanité.

Le reste est l’histoire du long dialogue qui vient de s’amorcer entre Organisme et le monde terrestre qui lentement, très lentement, va au travers des gobelins prendre conscience de son existence.

C’est là aussi que l’espace « technologique » proprement dit des gobelins intervient.

Il faut savoir que les gobelins n’ont pas de rapports suivis pendant le premier Arquil avec les divers éléments de l’humanité, sinon « passivement » : Organisme laisse volontiers les humains exploiter l’ambre, et introduire aussi les gobelins et leurs propriétés dans certains de leurs procédés occultes. Tout cela le nourrit.

Il n’y a que trois exceptions à ce rapport indirect. La première et la plus importante est celle des nains. 

Les nains, de part leur mode de vie et leur proximité du Neoss, grand centre de production de masse des gobelins, deviennent aux yeux d’Organisme le « partenaire » de dialogue idéal. Les Gobelins vont entrer en communication avec les nains et par un troc « ambre contre minerais », bientôt suivi par « ambre contre éléments techniques », ils vont rapidement devenir, toujours dans cette volonté de reproduction comportementale, une sorte de société structurée. Celle-ci s’éloigne de sa passivité originelle pour ressembler de plus en plus à une demi humanité terrestre, quelque chose d’abord proche des comportements des gorilles ou des chimpanzés, puis tendant vers l’étrange et le subtil, parfois aussi le grotesque puisqu’aucun code préexistant n’impose de norme. De plus les gobelins ont des comportements moins humains, car ils observent la vie terrestre dans son ensemble. Ainsi ils prennent d’animaux marins, terrestres ou même terrestres. Principalement les grandes colonies sociales comme les fourmis, les chauve-souris, mais aussi les rats, les abeilles, araignées ou cafards. On les retrouve parfois fixés par grappes, observant de leurs yeux d’ambre brillant dans les ténèbres, et s’activant dès qu’un stimulus biologique ou qu’un ordre d’Organisme vient les titiller.

Ils finissent cependant par développer des outils ou reprendre ceux des nains, et ils muent en permanence. Des gobelins humanoïdes, des gobelins de forme animale ou même végétale, des gobelins architecturaux ou mécanisés, ainsi, sont relevés par les nains et classés par catégories lorsque c’est possible.

Les humanoïdes, au passage, ne sont guère rassurant : leur forme n’est pas fixe. Si elle respecte généralement une tête, un tronc et une seule paire de jambes, il arrive fréquemment qu’ils aient plus de deux bras ou des appendices servant à toutes sortes de choses. Un autre exemple est celui des « taupes » gobelines. Ce sont des gobelins à forme animale, comme des taupes donc, parfois aussi anthropomorphes, et dont le museau est remplacé par une foreuse de pierre dure comme du diamant, fonctionnant comme telle.

Ces curieux mélanges « type biologique » et « type mécanique » sont aussi un reflet de ce qu’Organisme observe à travers le prisme de la vie terrestre. Il les réutilise ici à ses propres fins.
Mieux : après quelques siècles on observera par le biais des nains une nette démarcation entre deux groupes de gobelins. Les Kayarzînn, qui comme leur nom l’indique restent constamment au contact dans les montagnes du Zînnan, vont commencer à utiliser tels quel des éléments venus de la Terre, qu’il s’agisse d’outils techniques ou d’objets ornementaux, voir même des véhicules ou des montures (on a vu par exemple des gobelins chevaucher des rats géants de l’Iraïl, des loups du Zînnan et même des insectes à sang d’ambre vers la fin du millénaire). Les kayarzînn développent un semblant de langage articulé, des bouches se fendent largement sur leurs faces habituellement dépourvues d’autres ornements que des yeux d’ambre et des appendices de minerais cornus ou prismatiques. Ces mêmes gobelins aménagent des espaces architecturaux qui s’éloignent de plus en plus des étranges « nids de guêpes » à alvéoles pentagonales recouverts d’ambres que les nains ou encore les hommes de Sîn et de sînorr ont pu observer, avec leurs multiples niveaux de galeries triangulaires, parfaitement circulaires ou carrées, ou encore leurs grandes chambres de ponte cavernicoles généralement aménagées autour de colonnes mémorielles d’Organisme, composées d’ambre pur, et enfermés dans un gigantesque cocon d’ambre et de roches typiques des veines crypto-hydrothermales dont notamment les béryls (voir l’histoire de la cité de cristal, chapitre des inavoués, à ce sujet).

L’autre groupe identifié par les nains est parti prenant de l’ensemble des gobelins qu’ils nomment « Konuidolls ». Ces sont les gobelins décrits plus haut, rattachables à tous ceux qui sont peu ou pas humanisés. Silencieux, très en retrait, généralement peu émotifs et dénués d’expressions humaines ou même anthropoïdes. Ceux-là ne manipulent que l’ambre et l’art des mutations composites déjà énoncés.

 

Le second contact majeur d’Organisme se produit avec les gnomes de la faille d’Edel, eux aussi tout proches du Neoss. Cependant, cette fois, il est belliqueux. Contrairement aux nains, qui creusent dans le Zînnan et ne sont donc que sporadiquement au contact des gobelins, les gnomes ont tenté de créer une première cité (nommée « cité profonde » par la suite), très proche du Neoss. Les gobelins y ont vu une forme « d’agression » de leur grand lieu de production et ont chassé lentement les gnomes vers le centre de la faille, par l’intérieur et les galeries d’Outre-monde se situant à ce niveau.

Cela a entraîné une méfiance des gobelins vis-à-vis des gnomes. Les deux sociétés, quoi que se côtoyant, sont donc presque hermétiquement closes. Ce n’est pas le cas en revanche pour les elfes d’Ekalann, les « nomades », qui vivent de l’autre côté du gouffre d’Edel, à l’Ouest (le Neoss termine le gouffre d’Edel à l’Est en le faisant mourir aux pieds des monts du Zînnan. En fait, par l’intérieur des terres et l’outremonde, la fracture d’Edel se prolonge jusqu’à la grande faille de Lowara, capitale du monde nain, et même encore au-delà. Les gobelins sont très actifs sur tout cet ensemble dont le Neoss est en quelque sorte l’épicentre).

Les gobelins ont pris des contacts avec les nomades, quoi que beaucoup plus formels et espacés qu’avec les nains. On dit que les Oracles nomades sont tributaires de ce qu’ils nomment « l’œil de l’ambre ». Les elfes sont par ailleurs plus des utilisateurs et des manipulateurs d’ambre et d’éléments gobelins que des « ponts » de dialogue entre l’humanité et Organisme. Moins intéressants pour ce dernier, donc que les nains. Grâce à eux toutefois, on retrouvera bientôt des éléments gobelins, légendes et autres les concernant jusqu’au lointain royaume humain de Vicocha.

 

Le troisième contact enfin est celui d’Organisme avec les entités spirituelles de l’humanité, principalement à travers l’ambre minéral et son utilisation. Cependant, dans ce cas précis, Organisme s’est littéralement « muré » derrière une sorte d’invisibilité spirituelle. La corruption de l’ambre notamment, qui existe à partir de la création de la porte des enfers par l’empereur de Ktyss, est pour lui un poison psychique. Chaque démon à cœur d’ambre est pour organisme comme un ver au sein d’une pomme et dont la pomme se défend en obligeant ces vers à rester confinés dans des espaces hermétiques C’est d’ailleurs la source de l’appauvrissement du pouvoir des démons à mesure qu’ils s’éloignent de la porte de Ktyss et de la tour de l’empereur. Ce dernier est également confiné par Organisme, mais avec de grandes difficultés à cause de la porte des enfers, toute proche, et de son « influence » contre laquelle il ne peut rien.
Tout le reste est accueilli avec une certaine bienveillance. Organisme dote ses gobelins de pensées positives comme négatives nées de ses rapports aux entités immatérielles. Une forme de « magie gobeline » naît de cela, qui est exploitée dans tout le Nord du monde connu, c'est-à-dire dans le Grand Itchitinn, côté elfe, et dans le Grand Vicocha, côté humain.

Il perfectionne sans arrêt ses évolutions et la spiritualité du monde humanisant, auquel d’ailleurs il appartient, en fait naturellement partie. Organisme entre ainsi directement en communication avec l’ennéade de Vicocha, dans le couloir des tempêtes, avec la cité de cristal des 5000 inavoués, avec les gardiens du mont de l’Oracle, avec les représentants du Dieu unique qui se succèdent à travers l’histoire, et desquels il a énormément appris sur lui-même. Organisme se retrouve ainsi parti prenant de nombreux événements majeurs de l’humanité du second monde bien qu’elle l’ignore.

Les Dieux du couloir des tempêtes, comme les dieux sombres d’outre-monde et toutes les entités spirituelles, mais aussi les anges et les démons, lui sont donc connues à travers l’ambre.

L’utilisation des portes Istar durant l’âge de la colonisation du système solaire avait d’ailleurs produit un effet similaire, cette fois dans une cartographie « matérielle » et non « spirituelle » du grand au-dehors.  Organisme parvint ainsi à mémoriser le système solaire à travers l’humanité.
Cette connaissance compléta la précédente qui datait de l’âge des météores, où il avait catapulté à travers l’espace des centaines d’explorateurs « sondes », ancêtres des gobelins. Comme la presque totalité de cette vieille expérience avait abouti à un échec, le phénomène Istar avait été, pour Organisme, une véritable revanche sur l’espace et le temps. L’utilisation d’ailleurs que les humains faisaient de sa substance devint un autre enjeu pour l’entité martienne : ce qui n’était pour lui qu’un simple conducteur de pensée s’avéra, dans les mains des hommes, d’une préciosité insoupçonnable.